Documents sur les Oblats d'ici et d'ailleurs

1951: maison provinciale de Montréal

C’est en mai 1951 que le 3456 avenue Ontario devenait propriété oblate. Il y a déjà 50 ans ! Cette année-là, la province fêtait son centenaire d’érection canonique. En préparant cet article, j’ai appris, grâce à la recherche d’Edmond Galarneau, que le choix de l’Hôtel Prince Charles sur l’avenue Ontario était l’aboutissement d’une étude de trois ans en vue de trouver un nouvel emplacement pour le Conseil provincial logé jusqu’alors dans la maison Saint-Pierre-Apôtre. Ce petit hôtel formait, dit-on, une annexe à l’hôtel Ritz Carlton de la rue Sherbrooke. Cette maison avait été construite en 1899 par l’architecte Robert Findlay pour Farquhar Robertson, homme d’affaires qui fut conseiller municipal et président du bureau du commerce. La nouvelle maison avait été vendue à deux reprises, en 1948 et en 1951, pour enfin devenir propriété oblate en mai 1951, grâce à un prêt à fonds perdu de Anna Berthiaume. Cette dame Berthiaume était de la famille Pamphile du Tremblay, ancien propriétaire de l’édifice Le Château sur la rue Sherbrooke et président de La Presse.

Dans la société d’ici, la formation de nos deux provinces précède de quelques années la décennie de la sécularisation de nos institutions (santé et éducation) qu’on a qualifié de «révolution tranquille». La structure paroissiale, bien adaptée au milieu rural, s’avère incapable d’encadrer la vie dans le contexte urbain. Dès les années 60, on note une baisse de la pratique religieuse dans la région de Montréal. Ce mouvement de désaffectation va se poursuivre dans l’ensemble de nos milieux. On parlait d’un taux de 20% dans les paroisses rurales et de 10% en milieu urbain, avec des planchers de 3%.

Sept projets avaient été étudiés avant d’en arriver à une décision finale. Les motifs du choix seraient sans doute les mêmes aujourd’hui si on avait à refaire une telle étude : l’importance d’un emplacement près des services de transport, un milieu relativement tranquille sans nécessité de transformations majeures et un prix abordable. La possibilité d’acquérir éventuellement la maison voisine constituait un avantage non négligeable, compte tenu du besoin d’espace pour les services nécessaires comme les archives, la comptabilité, etc. Déjà, la construction de l’arrière du 3456, qui aurait servi d’écurie, de remise et d’appartements pour les employés, fut rénovée pour recevoir les religieuses. De plus, la maison voisine, appelée la maison Amos, fut acquise de Gabrielle Amos en 1954. Déjà, en 1952, on avait joint la résidence des religieuses à la maison principale en construisant les archives actuelles.

L’inauguration eut lieu en septembre de l’année centenaire. Plus d’une cinquantaine d’Oblats, avaient été invités, dont le père Léo Deschâtelets, supérieur général, cinq évêques missionnaires et la plupart des supérieurs de communautés locales de la province. Depuis lors, de nombreux confrères y ont passé un temps plus ou moins long au service de la province : provinciaux, vicaires, économes, secrétaires, comptables, archivistes, hommes de maintenance. Certains, comme Jean-Paul Demers et Edmond Galarneau y sont actifs depuis trente, quarante et même presque cinquante ans ! Dès le début, les Petites Soeurs de la Sainte-Famille ont pris charge de la cuisine et du service de la buanderie. Malheureusement, elles ont dû se retirer en mai 2000, faute de personnel.

Les centaines de confrères qui se sont arrêtés à la maison provinciale, en passant ou pour quelques jours, ont pu constater que la fraternité oblate y est très présente et ceux qui y ont demeuré pour un triennat ou deux de service ont été bien placés pour reconnaître et apprécier le dévouement des «permanents». Comme par le passé, la communauté de la maison Notre-Dame-du-Bon-Conseil entretient la tradition d’un accueil ouvert et chaleureux. Vous êtes toujours les bienvenus, chez vous !

Henri Beaudoin, Info OMI, mars 2001