Petite histoire oblate
Texas: appel missionnaire |
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HésitationLaissons Mgr Mongeau lui-même nous faire part de ses réactions devant une telle demande. «Personnellement, je ne me sentais pas du tout attiré par le Texas. Mon idée était déjà faite... je ne me porte pas volontaire. Je craignais de m'offrir. Laisser ma famille et mon pays, m'exiler au sud des États-Unis, mon peu de connaissance de l'anglais, tout cela me faisait peur. Mais je plaçais toute ma confiance dans le Seigneur. Je préférai donc rester dans l'attente. Au bout de trois jours cependant je me décide. Je vais trouver le père Victor Jodoin, notre maître des novices. Je lui dis, avec un tremblement dans la voix: «Père, je viens m'offrir pour le Texas... je ne veux pas y aller, mais si vous croyez que je puisse faire l'affaire, je m'offre.» Sa réaction fut spontanée: «Nous avions justement pensé à vous, mais nous ne voulions pas vous forcer. De plus, nous avons besoin du consentement de votre père.» AcceptationQuelques jours plus tard, mon père vint me voir au noviciat. Après avoir entendu mon histoire, il me dit ces paroles que je n'ai jamais oubliées: «Des âmes à sauver, tu n'as pas besoin d'aller au Texas, il y en a beaucoup à Montréal. Mais tes supérieurs sont des hommes prudents... je donne donc mon consentement.» Il restait à convaincre sa mère. Quand papa lui annonça ses intentions, elle fondit en larmes: «Non, je ne consentirai jamais. Je veux le voir prêtre, recevoir sa bénédiction, assister à sa messe... Je ne veux pas le voir partir pour le bout du monde.» Le dimanche suivant, elle est là au parloir avec une tante. «Écoute, Gérard, tu ne peux pas partir sans mon consentement.» À mon tour j'éclatais en larmes et lui dis: «Comprenez-moi bien, chère maman, je ne voulais pas aller au Texas. J'ai réfléchi et beaucoup prié... j'ai fait mon sacrifice au Bon Dieu. Maintenant que mes supérieurs m'envoient, ce n'est plus ma volonté mais la volonté de Dieu.» Pendant un long moment, maman garde le silence, sèche ses larmes et, en vraie chrétienne, elle me serre dans ses bras et me dit: «Si c'est la volonté de Dieu, tu peux y aller.» Je l'embrassai tendrement pour la remercier et c'est ainsi que je partis pour le Texas, répondant à l'appel du Seigneur par un «oui si riche en bénédictions.» Riche en bénédictionsVoyez la suite. Gérard Mongeau est ordonné prêtre au Texas le 14 juin 1924. Il part pour les Philippines en 1939. Courageux et audacieux, rien ne l'arrête. Durant ses 55 années de vie missionnaire il a réalisé pleinement sa devise épiscopale: «Le Seigneur est avec moi, je n'ai pas peur.» Construction d'églises et de chapelles, naissance d'un clergé local, prodigieux développement des collèges Notre-Dame couronnés d'une université, établissements hospitaliers, habitations, artisanat, organisation de la presse et de la radio dont il est un précurseur, sans oublier son souci de dialogue avec les Musulmans. Après une vie si bien remplie, il est retourné à ta maison du Père, à l'âge de 94 ans, le 29 octobre 1994. |