Petite histoire oblate

Oblats du Chili au Pérou

Allez, de toutes les nations, faites des disciples (Mt. 28, 19). Telle était l'ambition d'Eugène de Mazenod au moment d'envoyer les Oblats en mission. Partout où ils sont allés, ses fils se sont efforcés de dépasser les attentes de leur fondateur. Ils étaient comme poussés par I'Esprit à aller toujours plus loin. Ce fut particulièrement le cas dans les missions du Canada. Arrivés à Montréal, en 1841, on les retrouve cinq ans plus tard, à l'Île-à-la Crosse, 2500 km plus à l'Ouest, et en 1859, le père Henri Grolier, o.mi. pose les pieds à Good Hope, près du Cercle polaire.

Le même phénomène s'est produit en Amérique du Sud. Appelés au Chili, en 1948, par le cardinal Caro, les quatre premiers Oblats arrivent à Tocopilla, au mois de décembre de la même année. Ce sont les pères Albert Sanschagrin, Robert Voyer, Maurice Veillette et René Ferragne. En quelques années, ils sont suivis d'une dizaine de confrères qui établissent des missions importantes à lquique, Santiago et Antofagasta. Le père Sanschagrin met à profit son expérience dans l'oeuvre de la Jeunesse ouvrière (J.O.C). On suit les Chiliens dans les mines de salpêtre. On organise un poste émetteur de radio à Victoria, et on fonde à Antofagasta le collège San José qui comptera jusqu'à 1200 étudiants.

«Duc in altum» «Allez plus loin»

C'est toujours le même désir qui anime les Oblats du Chili, comme partout ailleurs. En 1958, on regarde plus au nord, vers le Pérou. Le père Ovila Meunier est le premier à porter l'emblème oblat à ce pays. Il s'établit d'abord à Chinca Alta, au sud de Lima. Deux ans plus tard, l'évêque de cette capitale sollicite le concours des Oblats pour prendre soin des pauvres de la Pampa de Comas, entassés dans des taudis malsains. Le père Meunier et le père André Godin, gravissent tous les deux une haute montagne et jettent un coup d'oeil sur les pauvres huttes de paille dans la plaine. Après un moment de réflexion, le père Godin laisse parler le fond de son coeur: «Si on offrait au Christ de devenir aujourd'hui pasteur à Lima, C'est ici qu'il fixerait son choix.

Le père André Godin

Quand ce gaillard de 1,85 mètre et 100 kilogrammes ...(6’1", 220 lb), se présente à Lima, sur sa moto Harley-Davidson, il provoque la joie des enfants et l'étonnement de la population. Peu après son arrivée, il construit une petite chapelle et installe sur l'édifice un puissant haut-parleur pour inviter les fidèles. Quatre personnes seulement assistent à sa première messe, dont deux religieuses. Dans sa prédication, le nouveau curé insiste sur le fait que Jésus avait grandi dans la famille d'un pauvre charpentier. Avec l'aide des Frères de la Charité et les Soeurs de la Présentation-de-Marie, il oriente les jeunes vers son Ecole industrielle et les malades dans une clinique médicale, fruit de son initiative.

En quelques années, d'autres Oblats du Chili, se joignent à lui. Mais les besoins augmentent sans cesse et la province-mère ne peut plus répondre à la demande. En 1963, l'autorité majeure offre alors aux Oblats canadiens de la province St-Peter, la responsabilité de cette mission du Pérou. On donne aux neuf missionnaires déjà établis le choix de demeurer sur place ou de retourner dans leur province d'origine. Trois sont demeurés: les pères Meunier, Godin et Gousy. Comme le disait le père Godin en cette circonstance: «Quand on entreprend un travail, on se doit de le terminer.» En peu de temps les progrès se font sentir. Les communautés de base se multiplient et des responsables laïques développent la pastorale familiale et des jeunes. En 1998, on comptait vingt-huit Oblats au Pérou.