Petite histoire oblate
Orégon: conversion d'un renégat |
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La dévotion à la Sainte-Vierge compte parmi les caractéristiques principales de la Congrégation des Oblats de M.l. Dès les débuts, deux ans à peine après la fondation, à Aix, le père de Mazenod acceptait, à la demande de l'évêque de Digne, la desserte du sanctuaire de Notre-Dame-du-Laus. Avec les années, des dizaines d'autres lieux de pèlerinage à la Vierge furent acceptés, restaurés et animés par les Oblats. L'APOSTOLAT de janvier 1988 nous a rappelé l'histoire d'une vingtaine d'entre eux encore desservis par les fils du Bienheureux de Mazenod. Pierre renie son baptêmeAprès plusieurs semaines de catéchisme, le père Chirouse avait gagné à la foi catholique une bonne dizaine de ces enfants des bois. Au cours d'une grand fête, il avait fait couler l'eau baptismale sur le front de ses catéchumènes fervents. Une salve de coups de fusil, des cantiques et un excellent repas, arrosé de l'eau de vie indispensable à ces chers indiens, rehaussent l'éclat de la cérémonie. Tout le monde rayonne de joie. Un grand gaillard, baptisé sous le nom de Pierre, semble le chef du groupe. Durant plus de trois mois, il ne craint pas de manifester publiquement ses convictions religieuses. Mais aussitôt que l'Oblat eut quitté la mission, la pauvre nature humaine reprit ses droits. Pierre retourna à ses anciennes habitudes d'alcoolisme et de polygamie. Il était devenu un scandale pour toute la tribu. Il vivait ainsi depuis sept ans lorsqu'une maladie mortelle le frappa durement. Son ami Léon intervient
La grâce agit à son tour
L'entretien continue sur ce ton durant plus d'une heure. Enfin, le moribond, touché de repentir, prie son compagnon de faire venir le prêtre. Sans perdre un instant, Léon se hâte vers l'église: «Père Chirouse, viens vite! Pierre va mourir et il veut te rencontrer. Il pleure.» «Arrivé près du malade, raconte l'Oblat, je lui adresse quelques paroles d'encouragement et lui demande s'il se rappelle encore les prières apprises avant son baptême?» — «Je les ai toutes oubliées, répond-il, exceptée une seule que je n'ai pas manqué de réciter tous les jours, même lorsque j'étais ivre. C'est JE VOUS SALUE, MARIE.» |