Petite histoire oblate
l'évêque errant du Keewatin |
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Renoncement continuel
Devenu évêque après une vingtaine d'années de vie plutôt stable, Mgr Chariebois se voit obligé, à 48 ans, de prendre le canot ou la traîne à chiens pour faire ses visites pastorales. Nulle fatigue ne l'arrête. Il porte lui-même ses bagages et son canot d'écorce le long des portages. Nous retrouvons dans son «Journal» une page qui nous donne une petite idée des difficultés rencontrées lors de sa première tournée pastorale, en 1911. II écrit: «J'ai parcouru 2 000 milles en canot, 50 milles à pied à travers la forêt. J'ai couché 60 fois sur le sol, abrité par une petite tente sous laquelle j'ai célébré autant de fois la sainte messe. J'ai visité 14 missions comprenant 4 500 catholiques. Six d'entre elles n'avaient jamais été visitées par un évêque. J'ai confirmé 1100 Indiens dont les bonnes dispositions m'ont beaucoup édifié.» Des voyages comme celui-là, il en fit des dizaines. L'humour d'un saint
Un jour, on trouve au lavage une chemise qui n'est pas marquée. Comme un pou s'amuse dedans: «C'est à Monseigneur, dît une employée, c'est son identification.» Et le prélat de plaisanter: «J'espère qu'on va la marquer et laisser la paix à mes poux.» Une autre fois, il s'excuse auprès d'un ami de n'avoir pas pu aller le visiter: «Quand je suis dans l'Est, écrit-il, je voyage à toute vitesse: ce n'est pas que renduici que je puis me mettres au PAS» |