Petite histoire oblate
missionnaires du Grand Nord |
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Dans les premiers siècles de l'Église on a pu dire que «le sang des martyrs était une semence de chrétiens.» Dans la courte histoire des Oblats au Canada, on peut aussi affirmer que les missionnaires auprès des Indiens et des Inuit, en donnant leur vie dans des circonstances souvent dramatiques, ont favorisé un grand nombre de conversions. Une victime parmi tant d'autresDe tous ces valeureux Oblats qui ont écrit «l'épopée blanche» du Grand Nord, une bonne vingtaine ont été emportés accidentellement par l'onde sournoise. Le père Joseph Frapsauce est l'un de ceux-là. Il s'ajoute aux pères Paul Girardin, Jos Brohan, Elphège Allard, Joseph Buliard, Henri-Paul Dionne, Honoré Pigeon, aux frères Emile Portelance, Alexandre Cadieux et plusieurs autres. Plus particulièrement l'apostolat auprès des Esquimaux ou Inuit a coûté tout d'abord la vie aux pères Guillaume Le Roux et Jean-Baptiste Rouvière. Tous les deux ont été sauvagement massacrés, en 1912, près de Coppermine. Le père Frapsauce, né en France, le 5 juillet 1875, et arrivé sur les bords du Mackenzie depuis 1899, estima comme un honneur et une grâce de succéder à ces deux martyrs. Cinq ans après leur mort, il s'installe sur les rives du Grand Lac d'Ours. Il y vit en solitaire, obligé de subvenir lui-même à ses besoins essentiels par la chasse et la pêche. Fin tragique
Mort qui porte du fruitTrois vies données pour la conversion des Inuit. Elles ne furent pas inutiles. À peu près au même temps, mais à quelques milliers de kilomètres, sur les bords de la Baie d'Hudson, le père Turquetil avait la joie de baptiser les premiers convertis de Chesterfield Inlet, membres de quatre familles esquimaudes. Le père Fallaize, de son côté, faisait lui aussi couler l'eau baptismale sur le front de trois adultes et deux enfants de ce peuple que l'on considérait jusque là comme revêche à la foi catholique. Aujourd'hui, soixante-dix années plus tard, les missionnaires Oblats continuent de porter la Bonne Nouvelle aux Esquimaux du Grand Nord canadien. De l'est à l'ouest, de Pont Inlet à Aklavik, de Iglookik à Tuktoyaktuk, ils sont les dignes successeurs des Le Roux, Rouvière, Frapsauce, Fallaize et Turquetil. Ils croient, eux aussi, à cette parole de Jésus: «// n'est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis» (Jn 15, 13). |