Petite histoire oblate
Texas: mustang en fuite |
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Le père Pierre Parisot o.m.l., n'avait que vingt-cinq ans lors de son arrivée au Texas, en 1852. Son évêque, Mgr Odin, le désigna pour aller visiter les familles catholiques, sur les bords du Rio Grande. Vu les immenses étendues à parcourir, l'ardent missionnaire oblat s'empressa d'acheter un bon cheval pour voyager. Il fit l’acquisition d'un cheval sauvage qui n'était pas encore dompté. A la veille de son départ on lui présenta un mustang fringant, la crinière au vent et la queue retroussée. Quand on dépose sur le côté de la selle un lourd sac de bagages, l'animai regimbe et se dresse sur ses pattes arrière. L'un des hommes conseille à l'apprenti cavalier de toujours bien attacher son cheval quand il le libérera de son fardeau. Car, précise-t-il, «s'il prend le large dans la prairie ou la forêt, vous pouvez lui dire adieu... vous ne le reverrez jamais.» Son mustang en fuite
«Me voilà donc en selle», raconte le père Parisot. «Deux hommes retiennent mon mustang par la bride. «Prêt, allons-y! «Le cheval, pris de panique, part à l'épouvante. Je vois des étoiles autour de moi. Je crois ma dernière heure arrivée. Pendant un quart d'heure, je dois y mettre toutes mes forces pour le retenir. Grâce à Dieu, il finit par se calmer. Pour un peu de temps, nous cheminons allègrement, lorsque, tout à coup, une rène, faite de corde, vient à rompre. Je pense alors à m'arrêter pour me reposer et réparer cette corde. Son mustang retrouvé
«Soudain, quel bonheur! Voici mon mustang broutant l'herbe tout près. Je m'avançai lentement, m'approchai de lui, passai mon lasso autour de son cou et le fixai solidement à un arbre. Je tombai à genoux et remerciai Dieu et sa sainte Mère pour une telle protection.» Après avoir réparé ma selle et la rène rompue, je continuai ma route. Une barrière se dresse à une fourche de sentiers. Perplexe, je crie de toutes mes forces, et j'entends un chien aboyer. Une femme sort d'une petite cabane. Elle me demande si je suis un prêtre catholique et si je peux baptiser. «Oui, madame, c'est mon rôle». «Alors, s'écrie-t-elle, entrez vite, il y a ici un bébé qui se meurt.» A l'intérieur, je vois un enfant sur les genoux d'une femme. Il se mourait effectivement. Je me hâtai de l'ondoyer et préparai les saintes huiles pour compléter les cérémonies du baptême. Comme je m'approchai de l'enfant, je m'aperçus qu'il venait de mourir. |