Petite histoire oblate

Oblats artistes

Si on accepte la définition du dictionnaire Larousse: un artiste est une personne qui a l'amour du beau, tout en s'adonnant à la pratique des beaux-arts, il ne manque pas d'Oblats qui ont manifesté «cet amour du beau» en exprimant leur sensibilité intérieure par des créations remarquables de leur cru. La petite histoire oblate nous offre l'image de quelques-uns de ces artistes. Ils n'ont pas tous été des «professionnels» de leur art qui leur aurait procuré des revenus suffisants pour vivre. La plupart ont été des artistes à leur façon.

Architecture

Le premier canadien à devenir Oblat, dès 1842, le père Damase Dandurand, s'est illustré dans l'architecture. Avant son entrée en communauté, il avait étudié cette branche des beaux-arts. En 1848, devenu curé de la paroisse d'Ottawa, il mit son talent au service de la population en tant qu'architecte des travaux de la cathédrale. Il le sera aussi des églises Saint-Joseph et Sainte-Anne de la même ville. Ce n'est pas ce surcroît de travail qui l'a fait mourir puisqu'il a vécu jusqu'à l'âge de 102 ans.

Musique

Dans ce domaine, les Oblats n'ont pas connu de grands noms, comme les Jobin ou Quilicot. Un père cependant a exercé une grande influence en matière de «chant religieux», dans l'application des nouvelles normes du concile Vatican II. Il s'agit du père Jules Martel. Durant plusieurs années, à la direction du choeur «Palestrina», il sut faire vibrer les voûtes de l'église Sacré-Coeur, à Ottawa, de douées cadences grégoriennes et d'harmonieuses mélodies. Il préparait la voie aux plus jeunes: André Dumont et Jean-Guy Morin.

Peinture

Ici encore, les Riopel ou les Fortin n'abondent pas au Quél)ec. Des noms d'Oblats cependant pourraient fort bien paraître au palmarès des «artistes inconnus». Parmi les vivants, nous pourrions mentionner Gérard Tremblay, Maurice Bélanger et Jean-Charles Dutil. Ils mettent au service de la communauté leurs talents remarquables dans des tableaux variés et des décorations personnelles adaptées aux fêtes liturgiques. Au nombre des disparus, le père Gaston Champagne, célèbre surtout par ses prédications à la Mazenod, nous a laissé de très beaux tableaux représentant des scènes champêtres et des paysages d'un naturel toujours vivant. Un autre Oblat, plus ancien celui-là, Émile Petitot, (1838-1917) a laissé dans une petite église de Good-Hope, près du cercle polaire, des preuves évidentes de son talent. Le père Pierre Duchaussois nous en donne cette description merveilleuse: «Sa voûte bleue, aussi intensément étoilée que le ciel des nuits polaires, ses deux grandes fresques du choeur, les deux parois de sa nef couvertes de chaudes peintures à l'unisson de l'ogive rayonnante des menus vitraux: tout, en elle, surprend le voyageur émerveillé.»

Littérature

Les noms d'Oblats qui nous viennent d'abord à la mémoire, sont surtout Pierre Duchaussois, Aimé Roche, Eugène Nadeau, Laurent Tremblay. Ils ont écrit des rayons de volumes riches en récits de toutes sortes, des pages d'histoire oblate qui constituent, encore de nos jours, une source intarissable de références et de connaissances très utiles. Terminons enfin ce trop bref résumé par la citation de quelques versets d'une très belle hymne composée par un Oblat français, poète à ses heures: le père Jean Servel (1912-1981).

«Qui donc est Dieu pour se livrer perdant aux mains de l'Homme?
Qui donc est Dieu, qui tire de sa mort notre naissance?
Qui donc est Dieu pour nous donner son fils, né de la femme?
Qui donc est Dieu pour nous aimer ainsi?»