Petite histoire oblate
un évêque avec des pouvoirs de pape |
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Henri Faraud, futur évêque du grand Nord canadien, naquit à Gigondas, diocèse d'Avignon, le 17 mars 1823. Un premier bulletin de son maître d'école nous le présente comme «un brillant élève et un franc tapageur.» Le jeune Henri était tellement dissipé qu'un jour sa mère, découragée, lui adresse ce dur reproche: «Tu ne feras jamais rien de bon!» - Alors madame Faraud, femme d'une foi profonde, prend son fils par le bras, l'agenouillé aux pieds d'une statue de la Vierge et le consacre à la divine Mère. Ce geste produit un effet bénéfique. Le petit espiègle s'assagit. Il prend cette ferme résolution: je serai prêtre en entrant dans une congrégation dévouée à la Très Sainte Vierge. «Je serai prêtre»
«On me veut évêque!»La Providence cependant en avait décidé autrement. En 1862, il est nommé évêque, chargé du nouveau Vicariat Apostolique d'Athabaska-Mackenzie. Se ravisant alors, poussé par son tempérament de lutteur, il écrit: «On me veut évêque... c'est bien! Je le serai, et non pas à demi.» Immédiatement, il part pour l'Europe, résolu d'y recevoir la consécration épiscopale, de trouver des ressources et des sujets pour ses missions et même d'obtenir du pape un auxiliaire. Tout ce programme sera rempli lorsque, un an plus tard, il reprend la mer pour le Canada. Il avait été sacré évêque, le 30 novembre 1863, par Mgr H. Guibert, o.m.i., archevêque de Tours. Il avait décidé six jeunes Oblats à le suivre et du pape Pie IX il avait obtenu des pouvoirs extraordinaires qu'on a peine à imaginer de nos jours pour un évêque. Laissons-le raconter lui-même dans quelles circonstances ça lui est arrivé. Il écrit à Mgr Taché : «J'ai vu à Rome le pape et le cardinal Préfet de la Propagande. Le Souverain Pontife était bien malade quand je fus le voir. Il était au lit dans sa petite chambre à coucher où le grand Pie IX devient cénobite. Aussitôt que j'eus baisé sa main vénérée, je me relevai et le délicieux pontife me dit en souriant : «Comment vous portez-vous?» -«Bien et mal tout à la fois», répondis-je - «Alors, vous êtes comme le pape, car ma jambe me fait mal mais le buste se porte bien.» - «Que Dieu vous conserve encore longtemps à notre tendresse, très saint Père.» - «Je l'espère», dit-il, et tout de suite il ajoute : « Puisque vous êtes comme le pape, je veux que vous soyez pape. Je vous donne tous les pouvoirs, même celui de nommer les évêques. Vous nommerez un évêque à votre choix, vous le sacrerez et vous vous retirerez dans un pays moins déshérité pour travailler de là pour les missions.» Les pouvoirs du pape
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