Petite histoire oblate
souvenirs du Juniorat de Chambly |
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J'ai commencé ma carrière sacerdotale comme professeur au Juniorat de Chambly. J'y suis demeuré quatorze ans, de 1939 à 1953. Quatorze années de bonheur et de joie avec des confrères intéressants et des élèves studieux. Chambly.à cette époque, n'était qu'un village où résidaient des cultivateurs et des banlieusards de la métropole montréalaise. Comme dans d’autres paroisses de la province, on y trouvait des personnages (types) assez originaux à certains aspects. Trois parmi eux ont retenu mon attention. Je nommerai d'abord l'agent de gare, un nommé Hébert. En second lieu, le postillon Oscar Perron qui, en voiture tirée par un cheval boiteux, livrait le courrier dans la campagne. Enfin, le conducteur de taxi Théophile Choquette. Dans sa grosse limousinee toujours propre, ponctuel comme l'horloge de la tour d'Ottawa, il était au service des Pères Oblats depuis des années. Une abeille en maraudeL'agent de gare était un homme occupé. Il voyait à la signalisation des trains, à la vente des billets, à l'expédition des marchandises et quoi encore! Au départ des élèves, au mois de juin, le quai de la gare était envahi par une centaine de gais lurons, chantant et criant leur joie d'être en vacances. Chacun d'eux voulait faire enregistrer sa malle avant l'arrivée du train. Ce surcroît de travail rendait nerveux le pauvre Hébert. Un jour, en plus de tout ce monde et des bagages encombrants, se trouve une caisse contenant des abeilles. L'une d'entre elles sort du grillage par un trou et bourdonne autour. Un jeune élémentaire, curieux et naïf à ses heures, fait la remarque à l'agent Hébert: «Eh oui! elle est sortie... Regarde, il y a un petit trou...» La réplique ne se fait pas attendre: «aussi, tu en as un p'tit trou. Occupe-toi-s'en pas.» Imaginez le fou rire des compagnons du junioriste! Si on l'a taquiné par la suite avec «son petit trou» l Un homme occupéUn autre jour, en route pour Montréal, je me trouve à la gare quelques minutes avant l'arrivée du train. Je m'assieds sur un banc et j'attends. Hébert est dans son bureau, tout près. Il semble très occupé dans ses paperasses. Tout à coup, le téléphone sonne. Pas de réponse... Deux fois, trois fois... Hébert ne bouge pas. À la sixième fois, il se décide: «Allô. Oui, madame, excusez-moi... Que voulez-vous? On ne peut pas toujours être près du téléphone.»! Confesseurs sur demandeEn 1942, le curé Sylvio Laporte organise pour la région un congrès eucharistique important. Il fait appel aux pères Oblats comme confesseurs à la veillée de prière. Cinq d'entre eux, dans le taxi Choquette, se présentent au carrefour de l'hôtel de ville où Oscar Perron dirige la circulation. Il fait signe à Théophile d'arrêter. Celui-ci baisse la vitre de sa voiture et dit avec fierté: «Laisse-nous passer. Oscar, on s'en va confesser!» Perron alors de répondre: «O.K., Thophile, vas-y.» Fier de son coup, Choquette, riant dans sa barbe, continua son chemin jusqu'à l'église. |