Constitutions et Règles de 1982
Le texte des Constitutions et Règles de 1982 s'inspire pour une bonne part des Constitutions de 1966 revues principalement à la lumière des documents capitulaires de 1972 et 1974, des documents postconciliaires du Saint-Siège, des écrits du Fondateur, spécialement des Constitutions et Règles primitives, et enfin des réponses des Oblats au questionnaire de la commission de révision en 1975. Il s'efforce particulièrement de s'adapter au caractère international et aux conditions nouvelles d'existence de la Congrégation. Dans un style propre à des constitutions qui ne sont ni une simple exhortation ni un traité de spiritualité, de pastorale ou de droit, le texte contient des éléments inspirateurs et juridiques à la fois, exprimés dans un langage sobre et concis qui ne soit pas trop marqué par des modes passagères et exposé à vieillir trop rapidement.
Suivant un souhait unanime de la Congrégation, la Préface du Fondateur a été conservée dans son intégralité. Ces pages de notre patrimoine authentiquement oblat sont perçues par tous les membres de la Congrégation comme «le foyer central des Constitutions», «notre règle d'or», «notre charte fondamentale». Mais pour mieux s'insérer dans un contexte contemporain, la Préface est précédée par un Avant-propos qui en dégage toute la portée pour nous encore aujourd'hui.
Cet héritage du Fondateur n'est cependant pas le seul à figurer dans les Constitutions de 1982. Renonçant à glisser çà et là des extraits des premières Constitutions reconnus comme propres au père de Mazenod, la révision de 1982 a préféré les présenter par eux-mêmes, en regard du texte contemporain sur lequel ils projettent un éclairage destiné à illustrer sa fidélité à l'inspiration mazenodienne initiale. Toutefois, quelques expressions du Fondateur se retrouvent dans divers articles des Constitutions et les enrichissent d'une saveur tout à fait oblate.
Les Constitutions se divisent en trois parties: le charisme oblat; la formation; l'organisation de la Congrégation. Mais tel n'était pas le projet précapitulaire qui en comptait quatre. Ce fut une des intuitions majeures du Chapitre de 1980 d'unir sous le seul titre de «charisme oblat» les deux premières parties proposées sur la Mission de la Congrégation et sur la Vie religieuse-apostolique. Celles-ci devinrent donc les deux chapitres de la première partie des Constitutions approuvées. Ainsi voulait-on manifester comment les appels à la mission apostolique et à la vie religieuse devaient être considérés comme deux volets d'une même vie toute donnée à Jésus Christ pour coopérer avec lui dans l'oeuvre de l'évangélisation (C 2).
Le chapitre sur la mission veut mettre en relief le caractère apostolique et missionnaire de la Congrégation (C 1, 5, 7, 8) Le modèle de notre relation au Christ est celui des Apôtres avec Jésus Sauveur (C 3). Notre mission s'accomplit en communauté et par la communauté, dont le Christ vivant est le centre (C 3, 37), et sous le signe de la Vierge Immaculée (C 10). Contrairement aux Constitutions précédentes, le texte de 1982 ne donne pas de description de nos divers ministères, mais il laisse aux provinces, guidées par quelques principes généraux (R 1, 2, 4, 5), le soin de déterminer leurs priorités apostoliques. On remarquera aussi la place importante faite au ministère pour la justice (C 8, 9; R 9), reflétant ainsi une des préoccupations majeures de l'Église en notre temps.
Le chapitre deuxième élabore la «règle de vie» qui s'inspire de celle de Jésus et des Apôtres, et qui constitue «la vie religieuse-apostolique». Ceux qui sont appelés à suivre Jésus et à partager sa mission sentent le besoin de s'identifier à lui afin d'être des témoins crédibles de la Parole qu'ils proclament (C 11); ils sentent le besoin d'une vie conforme à l'Évangile, d'une conversion radicale de tout leur être. Ici encore, c'est le Christ qui inspire notre engagement par les voeux (C 12), c'est Lui qui est au centre de notre vie de foi (C 31) et de notre vie de communauté (C 37).
Les voeux (section I) sont présentés selon l'ordre de Vatican II. Pour chacun, le texte rappelle son origine évangélique (C 14, 18, 24, 29); il affirme sa valeur de signe, à la fois contestation du «monde» et de ses valeurs, et annonce du Royaume qui vient (C 15, 20, 25, 29); il souligne sa dimension communautaire (C 12, 13, 21, 26, 29); enfin, il spécifie son objet même et ses implications juridiques pour le membre et la communauté (C 17, 22, 27, 30). La vie de foi (section II) a besoin d'être nourrie dans une recherche constante de Dieu, par une relation intense au Christ. L'union à Dieu se développe par le ministère autant que par la prière et la célébration des sacrements (C 31). Quant à la communauté (section III), le texte reconnaît en elle «la cellule vivante» de l'Église et de la Congrégation (C 12, 76, 87). Notre vie communautaire est à la fois témoignage de la présence du Christ au milieu de nous, soutien de notre vie évangélique et condition d'efficacité missionnaire (C 37, 38, 39, 87).
Les deux autres parties des Constitutions reçoivent leur sens de la première: la formation d'abord (2e partie) «qui a pour but de faire grandir l'homme apostolique animé du charisme oblat» (C 46), et l'organisation de la Congrégation (3e partie), dont les structures «n'ont d'autre but que de soutenir la mission», c'est-à-dire de mettre en oeuvre le charisme oblat, structures qui doivent demeurer «assez souples pour évoluer au rythme de notre expérience vécue» (C 71). Il en sera de même pour les biens temporels qui «sont avant tout au service de la mission» (C 122).
En ce qui regarde la formation, le texte accentue son caractère continu; il la présente comme un processus jamais achevé (C 46, 47, 48, 68). Il conjugue la responsabilité personnelle de chacun, primordiale pour une formation efficace (C 47, 49, 70), avec la fonction de la communauté qui en favorise le progrès (C 48), surtout en ses premiers stages, et avec la responsabilité propre des supérieurs majeurs et des éducateurs (C 49, 51). Ce texte de 1982, tout en décrivant les différentes étapes de la formation, porte une attention particulière à la préparation des candidats au noviciat (C 53, 54), de même qu'à la formation continue après l'entrée dans le ministère (C 68, 70). Il cherche à mettre en oeuvre les plus récents développements de la pédagogie et de la psychologie religieuse.
La troisième partie sur l'organisation de la Congrégation s'ouvre par un préambule décrivant «l'esprit du gouvernement» (C 71-74). Il met en relief le caractère de service de l'autorité (C 73) et l'esprit de collégialité qui doit inspirer le gouvernement de l'Institut (C 72). Le texte souligne aussi que, dans la Congrégation, les structures de gouvernement sont au service de la mission et des personnes (C 71, 76, 80, 87, 92, 105); il insiste sur la participation de tous aux projets de l'Institut et aux prises de décision par le discernement, la collaboration, les élections, les conseils et les chapitres (C 71, 72, 74, 75, 83, 86, 87, 89, 92, 103, 104, 105); il rappelle l'importance de la vérification et de l'évaluation périodiques de l'administration et des tâches confiées (C 74), soit par des rapports, soit par des congrès et des visites, soit enfin par le Chapitre général.
Se démarquant de l'ordre traditionnel, l'organisation de la Congrégation est présentée à partir des communautés locales pour accéder ensuite aux niveaux provincial et général, affirmant ainsi l'importance des premières pour la vitalité et l'efficacité apostolique tant des membres que de la Congrégation dans son ensemble (C 76, 77, 87, 92, 105, 106).
Il faut noter que les Constitutions et Règles furent complétées par des directoires élaborés après le Chapitre de 1980. La prévision de ces directoires permit d'alléger de beaucoup l'ensemble du texte en contraste avec les Constitutions antérieures qui contenaient beaucoup d'éléments de caractère passager et souvent peu applicables dans toute la Congrégation.
Le fondateur et les Constitutions et Règles
Qui veut saisir comment le Fondateur comprenait la place de la Règle dans la Société et la vie de chacun de ses membres doit se référer à la conclusion de la Préface du texte de 1826 conservée intégralement dans toutes les éditions subséquentes des Constitutions: «Certaines règles de conduite sont indispensables pour maintenir les membres dans une pratique uniforme et un commun esprit, pour assurer le succès de l'entreprise missionnaire commune, le bon ordre dans la Société, la ferveur des membres et leur propre sanctification, la durée de l'oeuvre à laquelle ils ont été appelés.»
Avec quelle conviction, quel enthousiasme Eugène de Mazenod n'écrivait-il pas de Rome à sa petite famille religieuse alors qu'il accomplissait les démarches qui conduiraient à l'approbation de février 1826. Sa foi sans borne dans l'Église, dans le ministère du successeur de Pierre, lui fit voir dans l'approbation de Léon XII un sceau de garantie irréfutable pour l'oeuvre naissante et pour les Règles qui en marquaient la marche. «Ce n'est pas bagatelle; ce ne sont plus de simples règlements, une simple direction pieuse; ce sont des Règles approuvées par l'Église après l'examen le plus minutieux. Elles ont été jugées saintes et éminemment propres à conduire ceux qui les ont embrassées à leur fin. Elles sont devenues la propriété de l'Église qui les a adoptées. Le Pape, en les approuvant, en est devenu le garant... Celui dont Dieu s'est servi pour les rédiger, disparaît; il est certain aujourd'hui qu'il n'était que l'instrument mécanique que l'Esprit de Dieu mettait en jeu pour manifester la voie qu'il voulait être suivie par ceux qu'il avait prédestinés et préordonnés à l'oeuvre de sa miséricorde en les appelant à former et à maintenir notre petite, pauvre et modeste Société.» Cette approbation le réjouissait au plus haut point car elle plaçait désormais la Société aux côtés des ordres religieux même les plus célèbres, dont plusieurs avaient disparu à la Révolution et dont, dès les origines, Eugène de Mazenod avait voulu combler l'absence en réunissant son petit groupe de missionnaires.
Lors de sa retraite de 1831, le Fondateur rédigea un compendium des articles des Règles «qui expriment plus expressément pourquoi nous avons été établis et ce que nous devons être.» À celui qui s'engage dans la Société, les Constitutions et Règles présentent comme «le prototype du véritable Oblat de Marie». Elles lui enseignent comment, dans l'esprit de sa vocation, il doit «marcher sur les traces de Jésus Christ et de ses Apôtres». Elles lui sont un conseiller fidèle et sûr qui porte à faire ce qu'il y a de plus agréable à Dieu et de plus utile à lui-même et aux autres... Elles donnent pleine valeur à ses oeuvres et à ses actions. Elles seront, au terme de sa course, la Règle du jugement par Jésus Christ.
Le Fondateur regrette le fait que plusieurs Oblats s'écartent des Constitutions et que celles-ci soient même pour plusieurs un livre fermé. Il insiste donc pour qu'on soit plus fidèle à l'observance des Règles afin de se les rendre familières par la pratique et «d'attirer sur nous et sur notre saint ministère de nouvelles bénédictions».
Les lettres circulaires de 1853 et 1857 sur les Saintes Règles illustrent bien à quel point Mgr de Mazenod, jusqu'à la fin de sa vie, tenait ce texte comme sacré et comme la norme de toute vie oblate. D'où son exhortation répétée à ses fils: «Estimons-la donc cette Règle précieuse, ayons-la sans cesse sous les yeux et plus encore dans le coeur.»
Les supérieurs généraux et les constitutions
À la mort de Mgr de Mazenod, le souci de son successeur, le père Joseph Fabre, fut de maintenir la Congrégation fidèle à l'esprit de son Fondateur. Cet esprit s'exprimait surtout dans les Saintes Règles que le nouveau Supérieur général, dès sa première circulaire, exhortait ses fils à observer avec la plus grande attention. L'âme de notre Père et Fondateur, écrivait-il, «vit parmi nous dans ces Règles bénies qu'il nous a laissées comme un gage de son amour, comme un témoignage impérissable de sa grande foi et de son ardente charité. Ces Sainte Règles ... j'ai promis solennellement de ne pas permettre qu'entre nos mains ce dépôt sacré se dissipe, que la plus petite partie de ce don si précieux se perde; l'obéissance entière à toutes leurs prescriptions fera notre joie et notre force».
Cet appel à l'observance des Règles fera aussi l'objet de plusieurs circulaires successives. «La Congrégation ne sera forte au dedans, ne sera estimée au dehors qu'autant que nos Saintes Règles seront fidèlement observées.» «Ce sont nos Saintes Règles qui, de tous les esprits et de tous les coeurs, ne font qu'un seul esprit et un seul coeur; en dehors de ces précieuses ordonnances, il n'y a qu'un esprit particulier, volonté isolée, oeuvre personnelle, vie individuelle et, par conséquent, destruction complète de la vie commune et de la vie religieuse.»
Dans la circulaire no 13, le père Fabre revient encore sur les Saintes Règles qui doivent être pour l'Oblat la source d'inspiration pour se renouveler sans cesse dans l'esprit de sa vocation. Il rappelle en particulier l'importance de tenir au ministère premier de la Congrégation: l'évangélisation des âmes les plus abandonnées, spécialement par la prédication de la Parole de Dieu et l'administration du sacrement de pénitence, un ministère qui demande une préparation soignée puisée dans l'Écriture Sainte et la théologie. De plus, selon les Saintes Règles, ce ministère doit être appuyé par l'exemple du missionnaire qui doit toujours se référer à «l'exemple de Celui sur les traces duquel notre vocation nous fait un devoir de marcher». Le père Fabre, en s'appuyant sur la Préface et sur le texte des Règles, invite à se maintenir dans un esprit d'oblation et, pour y arriver, à être fidèle à la pratique concrète des voeux et des observances communautaires.
Le père Fabre reprend le sujet en 1874. Dans son rapport au Chapitre général de 1873, il avait exprimé son alarme devant le fait que «nos Saintes Règles n'exercent pas toujours une influence assez pratique et assez sérieuse sur les dispositions intérieures, ainsi que sur les actes extérieurs... L'esprit de corps et de Congrégation en reçoit un douloureux contrecoup». En même temps qu'il promulgue les Actes du Chapitre de 1873, il croit donc opportun de renouveler la recommandation faite au début de son généralat et il émet une circulaire entièrement consacrée aux Règles. «Que sont pour nous nos Saintes Règles...? Elles constituent l'existence même de la famille. C'est par nos Saintes Règles que nous existons, par elles que nous vivons, par elles que nous formons une famille religieuse...« Mais, poursuit le père Fabre, la Règle n'est pas lue, elle n'est pas méditée. Dès lors, on ne conduit plus les missions ni ne prêche selon la tradition oblate; la pratique de la pauvreté et de l'obéissance s'affaiblit, les plaintes et les critiques se multiplient. Sans la Règle, chacun devient sa propre règle et bientôt on se décourage, la communauté se désagrège. Le père Fabre exhorte donc à un amour profond et à l'obéissance fidèle de la Règle comme condition de fécondité apostolique et de bénédictions divines. La Règle est la sauvegarde de la vocation; sans elle, il n'y a pas de religieux. «Notre Règle est une règle de vie pour notre âme, pour nos oeuvres, pour la Congrégation. Conservons-lui ce caractère par notre fidélité de tous les jours et de toute notre vie religieuse.»
Les successeurs du père Fabre, à leur tour, rappellent souvent aux Oblats toute l'importance de la Règle pour leur efficacité apostolique et le progrès de leur vie intérieure, surtout dans les circulaires qui promulguent les Actes des divers Chapitres généraux. Plusieurs fois, ils se réfèrent aux circulaires du père Fabre, qui demeurent de véritables monuments de la tradition oblate. Pour sa part, Mgr Augustin Dontenwill, à l'occasion du centenaire de l'approbation des Règles, en 1926, adresse à toute la Congrégation la circulaire no 133. «Soyons persuadés que, pour marcher sur la trace de tant de vaillants apôtres qui, avant nous, ont combattu sous la bannière de Marie-Immaculée, il faut de toute nécessité, imiter leurs vertus religieuses. Or, comment réaliser cet idéal, sans la fidélité aux Règles que, au jour béni de notre profession, nous avons promis d'observer, exactement, jusqu'à notre dernier soupir.»
Dès sa première circulaire du 13 juin 1947, le père Léo Deschâtelets, nouvellement élu supérieur général, en appelle à tous les Oblats pour qu'ils mettent résolument la Règle au centre de leur vie, afin qu'elle soit pour eux «foyer d'enthousiasme apostolique et appui d'un zèle fort». La connaissance exceptionnelle que le père Deschâtelets avait du texte des Constitutions et de la tradition oblate marqua son généralat. D'autant plus que, pendant treize ans, avant et après le Concile, il connut trois essais de révision des Constitutions.
À la veille du Chapitre de 1966, le père Deschâtelets rappelle l'importance de la révision dont devra s'occuper la prochaine grande assemblée. Une fois le Chapitre passé et les nouvelles Constitutions approuvées et imprimées, le père Deschâtelets proposera celles-ci comme «la source de l'esprit de renouveau dans la Congrégation», tel que demandé par le Concile. Et c'est sur ce thème de «l'Esprit du renouveau» qu'il écrira une circulaire entière en 1968, renouveau dont les nouvelles Constitutions seront l'inspiration et le guide. Comme tous ses prédécesseurs, c'est à la Préface qu'il revient comme à «l'expérience la plus vive, la plus essentielle et la plus inchangeable de la pensée du Fondateur». À une époque où le Concile vient d'en appeler à un renouveau dans l'Église, cette remontée pour les Oblats veut dire «mettre l'Évangile et la Règle au centre de [leur] vie apostolique». La Règle exprime le charisme de la Congrégation, elle est le lien d'unité entre tous ses membres. «Notre puissance de consacrés à l'annonce de l'Évangile est décuplée par les forces spirituelles qu'elle nous assure et que nous puisons dans l'Église, unis par les liens très profonds de la charité et de l'obéissance, tous, Pères et Frères, travaillant d'un même coeur à l'avance du règne de Dieu dont notre vie religieuse et apostolique est le signe.»
Le généralat du père Fernand Jetté fut celui qui vit l'aboutissement de la révision des Constitutions exigée par le Concile. Au moment où, pourrait-on dire, toute la Congrégation se met à l'oeuvre pour collaborer à cette tâche, le Supérieur général, dans une lettre du 1er février 1976, rappelle que «comme Oblats, comme équipe apostolique, nous avons besoin d'une certaine structure ou règle de vie... qu'on accepte et qui vraiment pénètre en nous pour nous transformer en Jésus Christ et donner une véritable consistance à notre être».
Plus tard, en annonçant l'achèvement de la tâche par le Chapitre de 1980, le père Jetté propose le texte nouveau comme un défi à la Congrégation, «le défi de l'avenir». Pour cela, «les Constitutions doivent être assimilées, intériorisées. C'est par là qu'elles seront source et chemin de vie». Et le 17 février suivant, il interroge la Congrégation: «Ce don [des Constitutions nouvelles]... qu'allons-nous faire de lui? Car ce don il nous questionne et nous interpelle... Les Constitutions et Règles sont déjà ñ et deviendront encore plus clairement, quand elles auront reçu l'approbation de l'Église ñ le chemin concret de l'Évangile, la manière oblate de vivre l'Évangile aujourd'hui. C'est en elles et par elles que nous trouverons Jésus Christ et que nous apprendrons à aimer les hommes, surtout les pauvres, comme nous a demandé de le faire notre Fondateur. Il y a là un défi auquel aucun Oblat ne peut échapper s'il veut «sauver sa vie.» «Une longue période commence, encore plus importante que le Chapitre en un sens, et qu'on a appelée «la période d'intériorisation», la période de l'intégration progressive des Constitutions et Règles dans nos vies.» Pour cela, il faudra bien connaître les Constitutions, les lire et les relire, en méditer le contenu.
«Cette lecture... il faut la faire avec amour, avec le désir de se laisser pénétrer par elles et de s'en nourrir... Ce vers quoi tendent les Constitutions, livre de vie, c'est de créer en nous une vie nouvelle, un être nouveau, l'être évangélique et oblat, l'homme apostolique dont parle le Fondateur, et qui en vient à réagir spontanément à la manière oblate, selon l'esprit du Fondateur.»
Enfin, présentant le texte approuvé par l'Église, le père Jetté rappelle aux Oblats l'importance de cette approbation: «Les Constitutions engagent l'Église et c'est pourquoi elles doivent être approuvées par l'Église.» Avec la joie et la foi du Fondateur au lendemain de la première approbation, le père Jetté ajoute: «C'est l'Église qui nous constitue. Elle se porte garant, auprès des fidèles, de l'authenticité évangélique de notre projet de vie que nous leur proposons.» Et il invite les Oblats à regarder vers l'avenir avec confiance: «Allons vers l'avenir avec de grands désirs, avec une espérance et un courage inébranlables, en considérant l'immensité du champ apostolique qui s'ouvre devant nous. Que le bienheureux Eugène de Mazenod, notre Fondateur et Père, nous en obtienne la grâce.»
Alexandre Taché, omi
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Sources et bibliographie
Constitutions en général
Duval, A. et Charry, J. de, «Règles et constitutions religieuses», dans Dictionnaire de spiritualité, Paris, Beauchesne, 1987, col. 287-300.
Khoury. J., Vie consacrée, Rome, 1984, 332 p.
Lemoine, R., L'époque moderne, 1563-1789: le monde des religieux..., Paris, Cujas, 1976, 438 p.
Lemoine, R., Le droit des religieux, du Concile de Trente aux instituts séculiers, Paris, Desclée de Brouwer, 1956, 531 p.
Lesage, Germain, L'accession des Congrégations à l'état religieux canonique, ttawa, Éditions de l'université d'Ottawa, 1952, 240 p.
Morrisey, Francis, «La préparation des Constitutions et Règles», dans Documentation O.M.I., 96/80 (1er août 1980), p. 1-7.
Rousseau, Joseph, «Le code fondamental des instituts religieux», dans Studia canonica, 10 (1976), p. 195-233, 411-447.
Textes imprimés des Constitutions et Règles
1. Constitutions et Règles de la Société des Missionnaires de Provence. Premier manuscrit français... (édité par Paul-Émile Duval) Rome, Maison générale, 1951, 165 p., Écrits du Fondateur, (extrait des Missions, 78 (1951), no 276). À ce texte doit être ajouté un autre manuscrit des Constitutions datant probablement de 1819 ou 1820, avec des ajouts postérieurs: Un ancien manuscrit des Saintes Règles: Constitutions et Règles de la Société des Missionnaires dits de Provence (manuscrit Honorat), Ottawa, éditions des Études oblates, 1943. 72 p., (Bibliothèque oblate, Textes, I). À ce sujet, voir Deschâtelets, Léo, «L'histoire de nos Saintes Règles», dans Études oblates, 1 (1942), p. 11-27.
2. Constitutiones, Regulae Congregationis Missionariorum OblatorumSanctissimae et Immaculatae Virginis Mariae... Galliopoli, 1827. Voir aussi l'édition critique de ce premier texte latin officiel par Paul-Émile Duval, Rome, Maison générale, 1951, 159 p., (Écrits du Fondateur, fasc. 2), (extrait des Missions, 78 (1951), no 277).
3. Constitutiones et Regulae Congregationis Missionariorum Oblatorum Sanctissimae et Immaculatae Virginis Mariae..., Massiliae, 1853.
4. Constitutiones et Regulae Congregationis Missionariorum Oblatorum Sanctissimae et Immaculatae Virginis Mariae..., Turonibus, Typis A. Mame, 1894.
5. Constitutiones et Regulae Congregationis Missionariorum Oblatorum Sanctissimae et Immaculatae Virginis Mariae..., Romae, in Domo generali, 1910.
6. Constitutiones et Regulae Societatis Missionariorum Oblatorum Sanctissimae et Immaculatae Virginis Mariae, Romae, in Domo generali Congregationis, 1928. (Traduction française imprimée à Rome, 1930).
7. Constitutiones et Regulae Congregationis Missionariorum Oblatorum Sanctissimae et Immaculatae Virginis Mariae, a Capitulo Generali XXVII exaratae, Romae, 1966, 148 p., (éditions latin-français et latin-anglais).
8. Constitutions et Règles de la Congrégation des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée. Rome, 1982, 184 p.
Histoire des Constitutions et Règles
Antécédents de la première approbation pontificale des Constitutions et Règles des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée, documents édités par Paul-Émile Duval, o.m.i., (extrait des Missions, 79 (1952), no 279, avec appendice et tables des matières), Rome, Maison générale, 1952, 220 p., (Écrits du Fondateur, fasc. 3).
MPremière approbation pontificale des Constitutions et Règles des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée, documents édités par Paul-Émile Duval, o.m.i. (extrait des Missions O.M.I., 79 (1952), no 280, avec supplément du fascicule 3, appendice et table des matières), Rome, Maison générale, 1952, 309 p., (Écrits du Fondateur, fasc. 4).
Mazenod, Eugène de, «Journal durant son séjour à Rome (1825-1826)», dans Missions, 10 (1872), p. 335-472.
Mazenod, Eugène de, «Voyage à Rome (1825-1826)», dans Missions, 10 (1872), p. 153-332, aussi dans Missions, 69 (1935), p. 390-398, 617-635.
Cosentino, George, Histoire de nos Règles..., Ottawa, éditions des Études oblates, 1955, 6 volumes, (Archives d'histoire oblate, 3-8).
Deschâtelets, Léo, «L'histoire de nos Saintes Règles», dans Études oblates, 1 (1942), p. 11-27.
Sion, Paul, «Évolution historique de nos Constitutions et Règles», dans Documentation O.M.I., no 93/80 (1er avril 1980), p. 1-9.
Commentaires des Constitutions
1. Texte de 1826
Mazenod, Eugène de, Choix de textes relatifs aux Constitutions et Règles O.M.I., Rome, 1983, 587 p.
Mazenod, Eugène de, Nos Saintes Règles, (Notes de retraite, Marseille, le 8 octobre 1831), en annexe à la circulaire no 14, dans Circ. adm., I, p 121-130.
2. Texte de 1853-1894
Yenveux, Alfred, Les Saintes Règles de la Congrégation des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée, expliquées d'après les écrits, les leçons et l'esprit de Mgr Charles-Joseph-Eugène de Mazenod (d'après les notes prises par le R.P. Alfred Yenveux de 1878 à 1903), Paris, Procure générale des Oblats, 1903, 8 volumes manuscrits.
Deux volumes seulement furent publiés, portant la date de 1903, année de la mort du père Yenveux. Très peu d'exemplaires en subsistent. L'expulsion des religieux de France fit que les manuscrits du père Yenveux, pratiquement inconnus et dispersés en trois maisons, ne furent retrouvés qu'en 1928. Un neuvième volume est un supplément sur les affiliations de prières, etc., et sur l'amour de Mgr de Mazenod pour les autres religieux. À ce sujet, voir Normand, Louis-Philippe, «Une oeuvre inachevée: le commentaire des Règles par le P. Yenveux», dans Vie Oblate Life, 34 (1975), p. 3-19.
3. Texte de 1928.
Dalpé, J.-D., Commentaire des Saintes Règles pour l'instruction des novices, deuxième édition, Montréal, 1938, trois cahiers manuscrits.
Leyendecker, Léonard, Commentarius historicus, canonicus, asceticus in Regulas et Constitutiones Missionariorum Oblatorum Sanctissimae et Immaculatae Virginis Mariae a Leone XII una cum Instituto a. 1826 approbatas, a Pio XI 21 Maii 1928 in forma specifica confirmatas, praeviis prolegomenis ordine temporis in quinque partes distributis..., Romae, apud scholasterium internationale O.M.I., 1953, cinq cahiers dactylographiés.
Reslé, Joseph, Commentarium privatum Constitutionum et Regularum..., Ottawa, éditions des Études oblates, 1958-63, cinq volumes, (Archives d'histoire oblate, 12, 13, 17, 18, 20).
Villeneuve, Jean-Marie-Rodrigue, Étude analytico-synthétique de nos Saintes Règles des Miss. O.M.I., avec comparaison des diverses éditions et rapprochement des décisions capitulaires, actes de visites et traditions de famille en guise de commentaires, Ottawa, scolasticat Saint-Joseph, 1929, deux volumes dactylographiés.
4. Texte de 1966
Dans une volonté de renouveau. Introduction à une lecture des Constitutions et Règles, Rome, Maison générale, 1968, 337 p.
5. Texte de 1982
Jetté, Fernand, Homme apostolique; commentaire des Constitutions et Règles de 1982, Rome, Maison générale, 1992, 582 p.
Ouvrages divers sur les Constitutions
1. En général
Beaudoin, Yvon, «Le Fondateur et l'observance des Constitutions et Règles d'après ses écrits», dans Vie Oblate Life, 43 (1984), p. 81-112.v
Gilbert, Maurice, «Charismes et institutions», dans Études oblates, 26 (1967), p. 301-309.
Jetté, Fernand, «Esprit oblat et Règles oblates», dans Études oblates, 21 (1962), p. 3-21, 130-153.
Tourigny, Irénée, Synopsis Constitutionum et Regularum Missionariorum Oblatorum Sanctissimae et Immaculatae Virginis Mariae. Romae, Domus generalis O.M.I., 1970, 217 p.
2. Texte de 1818
Cosentino, George, «Existence juridique de notre Congrégation pendant ses dix premières années (1816-1826)», dans Études oblates, 12 (1953), p. 3-24.
Cosentino, George, «Les origines de nos Saintes Règles (1816-1818)», dans Études oblates, 7, (1948), p. 46-62.
Drouart, Jean, «From an Apostolic Community to a Religious Congregation», dans Études oblates, 31 (1972), p. 205-224.
Drouin, Paul-Émile, «Origines liguoriennes de nos saintes Règles», dans Études oblates, 1 (1942), p. 210-220.
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Pielorz, Jósef, Les Chapitres généraux au temps du Fondateur, Ottawa, éditions des Études Oblates, 1968, deux volumes (Archives d'histoire oblate, 22-23).
Pielorz, Jósef, «Le séjour du Fondateur à Saint-Laurent et la rédaction de nos Règles (août-octobre 1818)», dans Missions, 84 (1957), p. 297-322.
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3. Texte de 1826
«Actes du Chapitre général tenu en 1826», dans Missions, 14 (1876), p. 102-108.
Cosentino, George, «L'approbation et la première édition des Règles (1827)», dans Études oblates, 9 (1950), p. 145-165.
Cosentino, George, «L'évolution de nos saintes Règles de 1843 à 1853», dans Études oblates, 9 (1950), p. 217-241.
Cosentino, George, «La forme d'approbation de nos Règles en 1826», dans Études oblates, 12 (1953), p. 234-265.
Cosentino, George, «La rédaction de nos saintes Règles (1818-1825)», dans Études oblates 8, (1949), p. 269-300.
Deschâtelets, Léo, «La préface de nos Règles et les premiers écrits de notre Vénéré Fondateur», dans Études oblates, 15 (1956), p. 193-202.
Estève, Auguste, «Le grand triomphe de l'année 1826», dans Missions, 59 (1925), p. 207-215.
4. Textes de 1853 à 1910
Circulaires administratives promulguant les Actes des Chapitres et les amendements aux Constitutions et Règles, nos 20, 22, 26, 33, 42, 57, 92, 108, 128.
Cosentino, George, «Les modifications de 1867 et la troisième édition (1894) de nos Saintes Règles», dans Études oblates, 10 (1951), p. 249-258.
Cosentino, George, «La IVe édition des Règles et ses préparations», dans Études oblates, 11 (1952), p. 225-238.
5. Texte de 1928
Circulaires administratives concernant la révision, nos 132, 133, 137, 139, 140, 164, 178, 181, 200.
Cosentino, George, «La cinquième édition des Règles (1928)», dans Études oblates, 12 (1953), p. 166-182.
Fortin, Gérard, «Les idées-force de la deuxième partie des Constitutions», dans Études oblates, 23 (1964), p. 77-93.
6. Essai de révision de 1953 à 1959.
Circulaires administratives, nos 203, 208, 210.
Reslé, Joseph, Constitutions et Règles, Notes explicatives concernant le texte révisé des Constitutions en rapport avec le texte imprimé de 1928, Rome, 1959, 84 p.
7. Texte de 1966
Circulaires administratives, nos 215, 220, 225, 227, 233, 240.
Gargantini, Fernando, «À propos de la fin de la Congrégation dans les nouvelles Constitutions et Règles», dans Études oblates, 27 (1968), p. 77-88, 116-132.
Gilbert, Maurice, «La nouveauté des nouvelles Constitutions et Règles», dans Études oblates, 28 (1969), p. 285-302.
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Guéguen, Yves, «Réflexion sur une révision de nos Règles», dans Études oblates, 24 (1965), p. 89-130.
Guthans, Jean-Baptiste, «Quelques réflexions sur les Constitutions et Règles nouvelles», dans Études oblates, 28 (1969), p. 201-218.
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8. Texte de 1982
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