Dictionnaire des valeurs oblates
Supérieurs
Cet article se divise en trois parties. Il commence par une présentation de la pensée du Fondateur sur le supérieur local. Bien qu'il n'ait pas traité le sujet d'une façon exhaustive, ses écrits n'en laissent pas moins transparaître clairement ses idées. Dans cet article, je laisserai parler le Fondateur autant que possible, en citant ses écrits avec un minimum de commentaires et en espérant que les supérieurs locaux trouveront, à sa lecture, inspiration auprès du Fondateur lui-même. Pour lui, le supérieur est un substitut de Dieu qui a tout pouvoir. Il doit, cependant, consulter ses propres supérieurs et son conseil local avant de prendre ses décisions. Les membres de la communauté sont libres de lui manifester leur propre avis. Ce qui ressort clairement des écrits du Fondateur est l'attention marquée d'amour qu'il porte à ses Oblats, une attitude qu'il désirait voir chez tous ses supérieurs locaux dans leurs rapports avec les autres. |
Le supérieur local dans la pensée d'Eugène de MazenodLe supérieur, instrument de la volonté de Dieu
Écrivant au père Henry Tempier, en 1817, le père Eugène de Mazenod indique son attitude vis-à-vis du supérieur: «Qu'on me donne un supérieur, je lui jure d'avance la plus entière soumission et lui promets de n'agir que par sa volonté qui sera à mes yeux celle de Dieu dont il sera l'organe à mon égard.» Les qualités requises du supérieur
La Règle de 1826 donne les qualités que le Fondateur recherche chez celui qu'il choisit comme supérieur: «Un supérieur local doit être irréprochable et exemplaire dans toute sa conduite; il doit exceller dans les vertus d'humilité et d'obéissance; il doit être doué de prudence et de sagacité pour gouverner sagement et bien traiter les affaires; il doit être instruit dans les sciences ecclésiastiques et dans les belles-lettres, d'un bon caractère, sachant tempérer la rigueur nécessaire au nerf de la discipline régulière par la douceur employée à propos sans mélange de faiblesse [...] Il doit, par-dessus tout, être homme d'oraison, soigneux de traiter avec Dieu dans l'intimité de la prière, non seulement de sa propre sanctification, mais de l'avancement et de la perfection de tous ceux qui sont confiés à ses soins.» Les devoirs du supérieur localLes Constitutions et Règles de 1826 disent clairement la responsabilité du supérieur local en ce qui concerne la mission: «Un des principaux devoirs de sa charge est d'être attentif à surveiller tous ceux qui sont chargés sous lui, de quelque emploi [...]» Organiser le travail de la communautéLa tâche principale du supérieur est d'assurer le bon déroulement de la mission de la Congrégation. Le Fondateur l'exprime en ces mots: «[Il faut] faciliter à chacun l'exercice de ses fonctions [...]»; «Agissez donc en toute liberté à l'égard de tous les sujets de votre communauté et donnez à chacun l'emploi que vous jugerez devant Dieu devoir lui confier.» Le supérieur a reçu la responsabilité du bon fonctionnement de la maison, de surveiller les activités et les dépenses de l'économe, d'organiser le travail de des membres et de les aider dans leurs études et dans la préparation des instructions. En nommant le père Eugène Guigues supérieur chargé d'établir la communauté au sanctuaire de Notre-Dame de l'Osier, Mgr de Mazenod lui indique sa tâche: «[...] c'est vous qui bâtissez les fondements de la nouvelle communauté et il faut qu'elle répande au loin la bonne odeur de Jésus Christ.» C'est cette «bonne odeur de Jésus Christ» qui est le fondement des activités de tous les membres de la communauté, dans ce qu'ils vivent entre eux, dans leur prédication et leur ministère. Leur ouvrir le livre de la RègleLe guide de toute conduite était la Règle. Le supérieur avait à ce propos une obligation particulière: «Ouvrez le livre de nos Règles pour que chacun y puise ses inspirations et la connaissance de la conduite qu'il doit tenir.» Le supérieur ne doit jamais s'éloigner de l'esprit de la Règle et doit en assurer l'observance la plus exacte: «Il est une Règle qui doit être observée et ce sont les supérieurs locaux qui doivent tenir la main à son exécution.» La Règle doit remplir le supérieur d'un sentiment de confiance. Si quelqu'un devait remettre en question ses décisions, il n'aurait qu'à lui dire: «[...] vous ne pouvez pas vous écarter de ce que la règle vous oblige de faire et que personne ne trouve mauvais, ni ne s'étonne de vous voir exiger l'exacte régularité et l'obéissance absolue aux saintes Règles.» Le souci de ceux qui lui sont confiés
Autant le Fondateur manifeste de la fermeté en exigeant l'obéissance des sujets à leur supérieur, autant il insiste pour que le supérieur soit lui-même une personne aimante et attentive pour ceux dont il a la charge. Au père Vincent Mille, qui était responsable des novices et des scolastiques en Suisse mais qui aimait le ministère pastoral à l'extérieur de la maison, il écrit: «[...] je ne vous ai pas envoyé en Suisse pour exercer le ministère extérieur, mais pour diriger, instruire et soigner constamment la communauté qui vous est confiée; cela a été répété et expliqué trop souvent pour qu'il puisse y avoir jamais l'ombre du doute sur le parti que vous avez à prendre dans l'occasion.» Il vient de rappeler, plus haut, au père Mille sa responsabilité de prendre soin de sa communauté comme de «la prunelle de l'oeil». Diriger et instruireL'enseignement des Supérieurs et des Chapitres générauxLa surveillance attentive du supérieur vise à ce que la communauté qui lui est confiée soit marquée par la régularité: «S'il n'établit pas une régularité parfaite dans sa communauté, il en sera responsable devant Dieu et la Société.» Le Fondateur revient constamment sur la régularité parce que sans elle, il ne peut y avoir de vie religieuse et de mission. La régularité dépend principalement du supérieur. Une des tâches principales du supérieur est d'assurer l'ordre dans la Congrégation, «ordre qui ne peut exister là où il n'y a pas de subordination.» «Vos conférences spirituelles vous fourniront l'occasion de rappeler les principes et de maintenir l'exactitude de la discipline régulière. Sans cela on se damnerait, tout en prêchant aux peuples la conversion. Vous trouverez dans la Règle la sanction de toutes les paroles que vous puiserez dans les livres qui traitent des devoirs de la vie religieuse. Il ne suffit pas de lire Rodriguez ou autres, il faut mettre en pratique ce qu'ils enseignent.» Une autre façon de diriger pour le supérieur est d'avoir des entretiens personnels avec les membres de sa communauté: «Ne néglige pas non plus avec les autres ces communications fraternelles et de confiance qui produisent toujours un bon effet, qui finissent par former un esprit de famille dans ceux-là même qui n'en ont pas eu l'instinct dès le principe.» Représenter le Supérieur général
À un supérieur nouvellement nommé, il écrit qu'il est celui sur lequel il se décharge d'une grande partie de sa sollicitude. Sur sa fonction de supérieur, le Fondateur écrit au père Hippolyte Courtès: «[...] tu dois toujours, dans tes résolutions, te conformer à l'esprit qui me guide dans mon administration, parce que, tant que je serai supérieur, c'est moi qui dois donner l'impulsion et tous doivent la suivre quoi qu'ils en pensent. Autrement il y aurait froissement dans les rouages, il n'y aurait plus d'unité dans le gouvernement et par conséquent le désordre s'en suivrait.» En 1836 le Fondateur déplore ce qui suit: «Les supérieurs locaux, à force d'agir d'après leurs idées, sont tout à l'heure parvenus à refaire la Congrégation. Aussi, je ne reconnais plus mon esprit dans les maisons que je viens de visiter et comment s'y trouverait-il puisqu'on ne s'est jamais mis en peine de me consulter? [...] Si vous aviez eu soin de marcher sur nos traces, vous n'auriez pas introduit tant d'abus que j'ai toutes sortes de peines à déraciner.» Au père Guigues, il écrit: «Je ne consentirai jamais qu'un supérieur local se regarde comme le maître de la maison à laquelle il préside et qu'il agisse contrairement à l'esprit et à la lettre de nos Règles, dans l'indépendance du Supérieur général.» «Ce n'est pas tout de bien mener la barque, dit-il à un supérieur local, il faut encore que tu donnes la carte de tes longitudes.» La conduite du supérieur local«Bien comprendre toutes les obligations de sa charge»Le supérieur ne doit entretenir aucun doute sur son rôle au sein de la communauté. «Une grande responsabilité pèse sur vous et n'oubliez pas que la moindre imprudence qui compromette la communauté dont vous êtes chargé, vous serait imputée.» «Si la Règle ne s'observe pas, c'est la faute du supérieur, et je m'en prends à lui parce que son devoir est de la faire observer et de me prévenir en cas de besoin pour que j'y avise. Je n'ai pas d'autre Règle à donner que celle qui existe, c'est celle-là qu'on a vouée et qui doit être fidèlement observée. Tout ce qui va à l'encontre est un abus, qu'il est du devoir du supérieur de réformer. Je voudrais examiner à qui est la faute si on vit trop isolé? [...] Je le répète, avec une communauté comme celle que tu as, ne t'en prends qu'à toi si elle ne marche pas bien.» Les obligations du supérieur ne consistent pas uniquement à corriger les manquements, elles ont un aspect positif: «La place d'un supérieur est d'être à la tête de sa communauté; les grâces de Dieu ne lui manqueront pas à son poste.» En nommant le père Verdet premier supérieur de la nouvelle mission du Texas, le Fondateur lui précise ses responsabilités: «Vous aurez à marcher à la tête d'une colonie d'apôtres tous bien dignes de leur vocation par leurs vertus et leur dévouement.» Un homme de prière qui a foi en la divine Providence
La charge de supérieur est onéreuse. «Si vous deviez, dit le Fondateur au père Louis Soullier, en supporter le fardeau tout seul, j'abonderais peut-être dans votre sens, mais Dieu est là pour vous aider, car vous ne devez pas douter que c'est sa volonté qui vous a été manifestée par vos supérieurs [...] Il vous faudra pour cela agir toujours sous l'impression de l'Esprit Saint devant Dieu, n'ayant en vue que le bien des intérêts qui vous sont confiés et toujours conformément à l'esprit et même à la lettre de la Règle dont il faut tâcher de ne jamais vous écarter.» «La grâce d'état aidera le supérieur local pour tourner, diriger, utiliser, selon le besoin et la capacité relative de chacun, tous les membres de sa communauté [...] s'il veut s'en occuper comme d'un devoir essentiel dont il faut s'acquitter dans des vues surnaturelles et par des moyens puisés dans cet ordre de choses.» Un modèle pour tous
«Souvenez-vous que vous devez être le modèle de tous. Faites souvent votre oraison sur les devoirs de votre charge; ce n'est pas peu de chose; prenez garde à vous.» Voici le point capital où l'on voit comment c'est par son exemple personnel que le supérieur dirige: «Faites pourtant attention que vous devez donner vous-même l'exemple de la ponctualité la plus scrupuleuse dans tout ce que prescrit la Règle soit pour les choses, soit pour les personnes»et encore «Je vous réitère la recommandation que je vous ai faite de donner le premier l'exemple de la plus exacte discipline et de la fidélité à toutes les prescriptions de la Règle.» Gouverner des frères et non des sujets
«Je recommande la douceur dans votre gouverne. Ne fatiguez pas vos sujets, soyez charitable et patient. De la fermeté quand il faut, mais jamais de la dureté.» Ce conseil donné par le Fondateur est l'attitude qu'il a lui-même comme supérieur. Chacune de ses recommandations aux supérieurs locaux est pénétrée d'un esprit de bonté, même lorsqu'il doit se montrer sévère devant une faute. Son sens de la paternité transparaît à travers des paroles comme celle-ci: «Il vaut mieux inspirer la confiance que de faire peur» ou «Changez donc de système, mon cher ami, vous arriverez à vos fins par la condescendance, la douceur, les prévenances, les marques d'intérêt et d'affection. Vous connaissez le proverbe; on prend plus de mouches avec le miel qu'avec le fiel.» Consulter
Le supérieur ne doit pas s'établir seul maître qui dispose de tout et règle tout selon sa manière de voir. Il doit prendre l'avis de son conseil. «Vous ne pouvez pas laisser vos confrères en dehors de vos résolutions sur quoi que ce soit, écrit-il au père Verdet. Personne dans la Congrégation n'a le pouvoir d'agir d'après ses propres inspirations, sans prendre l'avis de ceux qui forment son conseil. Il n'est pas toujours nécessaire de suivre l'avis des autres, mais il faut toujours les consulter; et quand on n'est pas d'accord il convient, même dans les choses qui seraient des attributions d'un supérieur, de consulter le supérieur majeur, par la crainte de trop abonder dans son propre sens et de se faire illusions sur l'opportunité ou la convenance.» «Le supérieur, écrit-il au père Honorat, est tenu de consulter son conseil pour n'être pas exposé à prendre un parti à la légère, sans s'être éclairé par la discussion, ou d'après des idées particulières. Mais dans vos conseils ne vous laissez jamais entraîner par la passion ni par l'obstination dans vos propres idées. Discutez paisiblement, toujours en vue du plus grand bien, modifiant au besoin votre opinion comme tout homme raisonnable doit faire quand il s'aperçoit qu'il va trop loin ou pas assez droit. Ensuite, quand le cas l'exige, informez-moi avant de conclure, et toujours tenez-moi au courant de tout.» L'interprétation du fondateur et de la règleLa lettre circulaire du père Fabre
Le père Joseph Fabre, alors âgé de trente-huit ans, a succédé à Eugène de Mazenod avec la tâche considérable de maintenir l'esprit du Fondateur dans une troupe d'hommes qui l'avaient connu personnellement et qui avaient leur propre façon d'interpréter sa vie et son esprit. Durant ses trente et un ans passés à la tête de la Congrégation, il s'est arrêté à la Règle comme norme de fidélité au Fondateur. Le devoir le plus important pour le supérieur local est donc «d'observer la règle et de la faire observer par tous et toute entière.» Le maintien de «l'esprit religieux, l'amour de la Règle et l'honneur de la famille» constitue, pour lui, la tâche primordiale du supérieur local. En 1872, il écrit donc aux supérieurs locaux de la Congrégation une lettre circulaire dans laquelle il précise leur rôle. La mission du supérieurLe père Fabre traite de la mission du supérieur local à deux titres: sa mission à l'intérieur et celle à l'extérieur de la communauté. Sous l'un et l'autre titre, il numérote chaque article. Je suivrai cette numérotation dans le bref résumé qui suit. La mission du supérieur à l'intérieur
1. Le supérieur a pour tâche de maintenir l'esprit religieux parmi les Oblats, un esprit de renoncement et d'abnégation. La mission du supérieur à l'extérieur
Le supérieur doit veiller à la réputation de la communauté qui doit édifier les personnes et surtout les prêtres qui la visitent. Que doit être un supérieur local?Spirituellement
1. La foi doit éclairer toutes les fonctions que le supérieur a à remplir. Son premier devoir est le bien de ceux qui lui sont confiés, «en les aidant à vivre d'une vie de perfection». Toutes ses actions doivent avoir pour objet leur bien spirituel. L'administration des biens temporels
L'esprit religieux, l'amour de la famille doivent animer les supérieurs dans cette partie de leur administration comme dans tout le reste. Les constitutions et règles de 1982L'esprit du gouvernement: au service de la mission et de la communauté
Nous avons vu que, dès les premiers jours de la Congrégation, la notion de supérieur local a revêtu un caractère particulier. À partir de 1966, on a utilisé un vocabulaire différent pour en parler. Cela apparaît clairement dans la version temporaire de 1966 comme dans celle, définitive, de 1982. L'innovation se perçoit dans l'insertion d'une introduction à la troisième partie et qui s'intitule L'esprit du gouvernement. Dans le texte de 1982, cette introduction contient quatre constitutions (71 à 74), qui fixe le cadre de l'organisation de la Congrégation. Un signe de la présence du Seigneur au milieu de nous
Les Constitutions et Règles définissent le rôle du supérieur comme «un signe de la présence du Seigneur qui est au milieu de nous pour nous animer et nous guider» (C 80). Nous retrouvons ici l'idée que se faisait le Fondateur du supérieur: instrument et signe de la présence de Dieu, il a le souci de tous ceux qui lui sont confiés. Les qualités du supérieur
La constitution 81 donne les qualités souhaitables chez le supérieur. Religieux, il doit être un homme de foi et de prière qui, en esprit d'humilité et d'obéissance sincère, recherche la lumière auprès de Dieu. Animer et diriger l'apostolat
La charge du supérieur dans la mission de la Congrégation est d'animer et de diriger la communauté (voir C 89) pour qu'elle réponde aux exigences de la mission (voir C 81). La constitution laisse la porte ouverte, puisque la forme d'animation et de direction peut varier selon la mission particulière de la communauté locale. Aider la communauté à vivre de l'Évangile«La vitalité et l'efficacité de la Congrégation reposent sur la communauté locale vivant de l'Évangile qu'elle se consacre à proclamer et à révéler au monde» (C 76). Le supérieur a alors la tâche d'animer sa communauté pour qu'elle soit vraiment une cellule vivante de la Congrégation où l'on retrouve «une atmosphère de confiance et d'acceptation mutuelles» (C 81). Il est essentiel qu'elle établisse un projet commun de vie et de prière, confié à la vigilance du supérieur (voir C 38). Les Constitutions et Règles précisent aussi qu'«une des responsabilités majeures des supérieurs [...] est de créer un esprit communautaire propice à la formation continue» (C 70). À l'intérieur de la communauté, le supérieur se soucie de chacun des Oblats. Il doit assurer la présence de certaines conditions favorables au recueillement et à un rythme personnel de prière. Sans elles, il ne peut y avoir de ministère efficace et de développement de la vie religieuse (voir R 22). La règle 88 insiste sur les besoins de chaque Oblat: «Puisque sa charge comporte le souci du bien-être et de la croissance personnelle de ses frères, le supérieur sera ouvert et disponible à tous; il n'hésitera pas, au besoin, à soulever des questions d'ordre personnel, dans une atmosphère de respect et de confiance.» «Un Oblat qui s'estime lésé par son supérieur peut faire appel à l'autorité supérieure [...]» (C 84). Le supérieur a aussi la tâche de voir au maintien des liens fraternels entre sa communauté et les autres communautés de la Province (voir C 89), tout en portant «un intérêt spécial aux Oblats isolés et à ceux qui vivent seuls en raison de leur ministère» (R 88). L'administration des affaires temporelles de la communauté est confiée à un trésorier sous l'autorité du supérieur et de son conseil (voir C 83). Ils doivent voir à ce que les biens des Oblats soient administrés dans un esprit de pauvreté, selon les lois de l'Église et de la Congrégation (voir R 144 et 146). ConsulterLe Fondateur et les Supérieurs généraux qui lui ont succédé ont constamment insisté sur la Règle comme guide du supérieur. Depuis 1965, l'accent a été mis sur le discernement commun de la volonté de Dieu et sur la consultation, sans qu'on nie en aucune façon l'importance de la Règle. Dans la nomination des supérieurs locaux, la Règle 89 demande ceci: «Le Provincial s'informera de l'opinion de la communauté concernée sur l'ensemble des problèmes courants et sur les qualités requises pour la conduite du groupe. Il recueillera les suggestions sur les candidats possibles et consultera celui qui aura été choisi avant de procéder à sa nomination». Le supérieur doit prendre en considération l'avis des membres de la communauté et faire avec eux un discernement. Dès le début de la Congrégation, on a assigné au supérieur un conseil qu'il était tenu de consulter. Cela demeure important aujourd'hui, comme l'atteste la constitution 83: «Les supérieurs sont assistés par un conseil qui, à sa manière, exprime la participation de tous au bien commun de la communauté et le souci qu'ils en ont. Le conseil traite des questions de ministère, de vie religieuse apostolique et des affaires temporelles, en restant attentif aux désirs et aux besoins de chacun.» «L'existence d'un conseil n'exclut pas le besoin pour le supérieur d'être à l'écoute de tous les membres de sa communauté: «Dans les questions d'une certaine importance concernant l'ensemble de la communauté, le supérieur s'informera des vues de chacun avant de prendre une décision en conseil. Il tiendra ensuite la communauté au courant des décisions prises» (R 94). Conclusion
Présenter le supérieur comme «un signe de la présence du Seigneur qui est au milieu de nous» (C 80), c'est donner l'essentiel de la pensée du Fondateur, de la tradition oblate et des Constitutions et Règles actuelles sur le sujet. Fidèle à la mission, au charisme et à l'histoire de la Congrégation, le service du supérieur local est «de coordonner et de diriger les efforts de tous dans l'évangélisation des pauvres; il est aussi de nous encourager à mener une vie inspirée par la foi et à partager intensément notre amour du Christ» C 73). |